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BIATHLON

Emilien Jacquelin

[ 28/03/2018 ]

Emilien Jacquelin

Par Ski Chrono

"Je n'oublie pas d'où je viens"

Il est l’une des révélations tricolores de cette saison avec Antonin Guigonnat. Espoir de l’année, Émilien Jacquelin a vécu une saison riche en découvertes. Jeux Olympiques, podium en Coupe du monde, remise en cause, l’Isérois est passé par toutes les émotions. Mais à 22 ans, le Villardien se tourne déjà vers la saison prochaine. Avec une seule idée en tête : confirmer.

Il y a un an, au moment de faire le bilan de votre saison, vous parliez de votre envie de découvrir la Coupe du monde. C’est chose faite désormais…

"Que de chemin parcouru ! Mais en même temps, je suis toujours dans la même démarche que l’an dernier. Même si nous ne sommes qu’à la fin mars, dans la tête, je suis déjà projeté vers la saison prochaine et déjà en train de penser à ce que je vais pouvoir mettre en place pour progresser."

Vous êtes-vous surpris durant la saison ?


"Mentalement oui. Surtout à la fin du mois de janvier entre la Coupe du monde de Ruhpolding, mon retour en IBU Cup à Arber et ma remontée à Antholz. Ce n’était pas évident à gérer. Beaucoup de choses se sont enchaînées. J’ai réussi à ne pas penser aux sélections, aux problèmes personnels que je connaissais à ce moment (il avait perdu son grand-père, ndlr). Après, je pense que j’ai payé ces efforts sur la fin de saison. La gestion après les Jeux Olympiques a été compliquée. Nous sommes repartis six jours après notre retour pour Kontiolathi. J’étais encore bien usé mentalement. J’ai eu du mal à finir même si j’étais mieux que la saison passée."

Comment l’expliquez-vous ?


"La saison dernière, j’avais zéro réserve physiquement pour les dernières courses en IBU Cup. Là, je tenais encore le coup. Mentalement, c’était dur de ne rien lâcher. Il y avait une grande euphorie de décembre à février. Chaque course était une nouveauté, une nouvelle situation. Avec tous ces moments incroyables que j’ai vécu en début de saison, à la fin, ça faisait beaucoup."

"Mon podium à Ruhpolding ? Un ascenseur émotionnel"

Êtes-vous tout de même parvenu à prendre du plaisir ?


"Oui même s’il était moindre que sur les courses précédentes. A chaque fois que je prends le départ en Coupe du monde, c’est toujours un immense plaisir. Je n’oublie pas d’où je viens. Il y a cinq mois, j’étais sur le circuit B. Chaque départ est une chance. Sur chaque course, il faut essayer de prouver son niveau. J’ai essayé de lutter avec mes armes. C’est un devoir."

Quels moments particuliers retenez-vous de la saison ?


"Il y a en a eu énormément. Celui qui a été le plus fort émotionnellement est le podium avec le relais à Hochfilzen (troisième). C’était mon premier en Coupe du monde. J’étais vraiment satisfait du relais que j’avais produit ce jour-là et dans la foulée, j’apprenais que je n’étais pas retenu pour l’étape du Grand-Bornand (il avait été remplacé par Antonin Guigonnat). Et tout ça en moins de 30 minutes. C’était un ascenseur émotionnel. C’est un moment qui montre ce qu’un sportif de haut-niveau peut vivre dans une saison. Parfois, ça s’enchaîne un peu vite. Il faut toujours croire en soi. Cette étape d’Hochfilzen m’a servi pour la suite. Notamment quand on m’a dit que je redescendais à Arber pour être en confrontation avec Jean-Guillaume Béatrix (en janvier) pour savoir qui participerait à l’étape d’Antholz, avec la qualification pour les Jeux Olympiques en arrière-plan. J’ai réussi à ne penser qu’à ça pour valider mon billet pour PyeongChang. C’était fort."

Que gardez-vous des Jeux Olympiques de PyeongChang ?


"Je retiens l’accolade avec Antonin Guigonnat avant le relais. C’était cinq minutes seulement avant mon départ en deuxième relayeur, après Simon Desthieux. En une fraction de seconde, tous les deux, nous nous sommes rappelés de notre été, les stages, le chemin parcouru. Les Jeux, c’était un rêve d’enfant. Le vivre avec lui, avec qui je partage beaucoup de choses depuis deux ans, ça rajoutait beaucoup de joie. Je pensais aussi à Frédéric Jean et Vincent Porret, nos entraîneurs du groupe B. On leur doit énormément dans notre réussite cette saison."

Comment s’est passé votre intégration dans ce groupe ?


"Je suis arrivé sur la pointe des pieds à Östersund. J’étais assez réservé alors que d’ordinaire, je suis assez ouvert dans un groupe. Même ceux que je côtoyais à l’entraînement comme Jean-Gui (Béatrix), Simon et Martin, je n’osais pas trop chambrer. Je savais que j’arrivais dans un groupe soudé, qui vit ensemble depuis pas mal de temps. Je n’avais pas envie de modifier leur manière de vivre et leur cohésion. À partir d’Hochfilzen, ça allait beaucoup mieux. Et après, avec l’arrivée d’Antonin, c’était encore plus simple. Nous nous entendons super bien. Ça a facilité l’intégration dans ce super groupe. J’ai passé des moments géniaux. Je les remercie pour ça."

"Être "Rookie de l'année" ?

"C’est la récompense des années passées plus qu’une promesse pour le futur"

Après votre cinquième place sur le sprint d’Antholz, puis votre sixième le lendemain sur la poursuite, vous avez été érigé en futur leader de cette équipe de France. Comme l’avez-vous appréhendé ?

"Je n’écoutais pas ce que l’on pouvait dire sur mes performances. Ce n’est pas si facile de progresser et de rester au plus niveau. Souvent, j’ai l’impression que beaucoup d’observateurs attendent de trouver le nouveau Martin Fourcade. Je ne le suis pas. Il n’y en aura pas d’autre. Chacun doit faire sa carrière. Ce que réalise Martin depuis 7 ans, c’est juste incroyable. Personnellement, j’aspire à être un des meilleurs biathlète français et mondial dans quatre à cinq ans. Il faut retourner au boulot, continuer de progresser. Je sais que la deuxième année en Coupe du monde sera plus compliquée. Il faudra confirmer. Et la concurrence pour rester dans ce groupe sera forte. Cette saison, c’était moi mais il ne faut pas oublier que Fabien Claude est toujours là. Il skie très vite même s’il est encore irrégulier au tir. Aristide Bègue était blessé cette année également. Et d’autres vont arriver. Il n’y a jamais rien d’acquis. J’ai réalisé une belle saison. J’en veux beaucoup plus mais je ne suis pas le seul."

Vous avez reçu le trophée de Rookie de l’année lors des finales à Tyumen. Que représente-il ?


"C’est anecdotique. C’est toujours sympa d’être récompensé car nous n’avons pas de classement jeune sur le circuit. Mais ce n’est pas une fin en soi. C’est un petit plus. Ça donne de l’envie pour la suite. Je n’y porte pas une attention particulière. Il n’a pas une valeur sportive mais symbolique. Cela montre que cette année, j’ai franchi un cap. Dans le futur, il faudra aller chercher autre chose qu’un titre de rookie. C’est la récompense des années passées plus qu’une promesse pour le futur. C’est l’accomplissement du travail effectué en IBU Cup. Mon rêve de gamin, c’était de monter sur la Coupe du monde alors ce trophée représente un peu tout ça."

Vous avez un taux de réussite au tir de 80% cette saison en Coupe du monde. Que vous a-t-il manqué pour être meilleur ?

"C’est un peu le point noir. En début de saison, j’ai réussi à être régulier avec des beaux tirs sur la Coupe du monde à Östersund notamment. Ensuite, c’était plus compliqué hormis à Antholz. J’ai eu des soucis ces dernières semaines. Est-ce dû à une fatigue nerveuse ? Je ne sais pas. Mais j’ai eu un peu plus du mal, non pas à trouver du plaisir, mais à mettre en place les ingrédients pour faire tomber les cibles. Il y avait une différence entre le groupe en IBU Cup et celui de la Coupe du monde. Les entraîneurs n’ont pas la même vision du tir. Je m’y perdais un peu dans les discours à force de jongler entre les deux. Parfois, mon côté instinctif prenait trop le dessus sur le côté technique et ça me coûtait des belles courses. J’ai une belle marge de progression et déjà hâte d’être le 1er mai pour reprendre l’entraînement."

Sentez-vous avoir progressé sur les skis ?

"Oui même si c’est dur à percevoir en Coupe du monde. Je suis entre 1’ et 1’30 de biathlètes comme Martin et Johannes Boe. C’est sûr que ça donne de l’envie et ça prouve que le travail fait tout l’été a payé. Ce sera l’un des gros axes de travail cet été."

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