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Marie Dorin Habert

[ 09/01/2018 ]

Marie Dorin Habert

« Je ne suis pas au niveau »

Marie Dorin-Habert est à un tournant de sa carrière. La Dauphinoise, qui traverse une période délicate, nous a annoncé ce matin qu’elle ne poursuivrait pas sa carrière au terme de cet hiver. Il lui reste encore une chance d’aller aux Jeux Olympiques de Pyeongchang sur le sprint d’Antholz le 18 janvier. Mais si elle est retenue en tant que remplaçante, elle pourrait choisir de céder sa place.

Marie, vous avez choisi de ne plus courir d’épreuves individuelles jusqu’au sprint d’Antholz (18 janvier) pour tenter d’évacuer la fatigue. Comment vivez-vous cette saison ?

C’est un peu difficile, ça fait tellement longtemps que je n’ai pas connu de telles contre-performances que je ne sais plus trop où j’en suis et ce qu’il faut faire pour aller mieux. Ça fait depuis fin octobre que je suis dans cet état-là et sans amélioration. J’ai l’impression que ça ne reviendra pas avant une période de pause d’au moins un mois et demi ou deux mois.

Imaginiez-vous que cette période soit aussi longue ?


On pourrait me reprocher un discours défaitiste mais, cette année, j’ai un discours plutôt positif. Il faut voir la réalité en face : je ne suis pas au niveau. Je ne me sens pas capable d’assurer un rang comme j’ai pu l’assurer l’an passé. Excepté l’année où je me suis blessée (2013-2014) ou bien celle où je suis revenue de grossesse (2014-2015), je ne suis pas sortie du top 10 du général depuis 2010. J’en suis tellement loin aujourd'hui (27e) que j’ai perdu tout repère et je ne sais pas ce qu’il faut que je fasse pour aller mieux ni si j’en suis vraiment capable. On perd vite confiance en soi dans ces périodes. Ce n’est que du sport, j’en ai conscience.

Les Jeux Olympiques approchent. Vous y pensez ?

Je me pose la question d’y être. Je n’imaginais pas être dans cette situation-là. Je ne sais pas ce qu’ils vont décider. Personnellement, actuellement, je ne me sens pas capable d’être alignée sur une course. Même si j’en ai très envie. Je n’ai absolument pas le niveau de l’être. J’ai perdu tous mes moyens et ça m’affecte psychologiquement. J’ai du mal aussi face aux cibles à retrouver de l’exigence et un détachement qui me permette d’aller chercher un résultat.

Vous envisagez de ne pas y être ? Même en tant que remplaçante ?

Je l’avais dit à l’ensemble du groupe en octobre à Oberhof, je ne partirai pas cinq semaines loin d’Adèle (sa fille) pour ne pas courir. Ce n’est pas de l’antijeu. Je suis à un stade de ma carrière où je ne vais pas partir loin de ma fille pour être remplaçante aux JO. Ce serait mieux de faire découvrir ça à une petite jeune qui serait contente de l’être, de vivre les choses à fond plutôt qu’à une vieille qui va grincher parce qu’elle s’emmerde. Là, je m’emmerde clairement. Là, déjà, je vais passer trois semaines à faire zéro course, je ne vais pas le refaire à PyeongChang. C’est quelque chose qui a toujours été clair dans ma tête et je l’ai répété la semaine dernière au staff.

C’est définitif ?

Tout est envisageable. Je peux revenir une semaine s’ils ont besoin d’une remplaçante sur le relais mais je n’ai pas envisagé ça. Je ne dis pas un non définitif car j’ai bénéficié d’un système pendant des années et il y a toujours eu une remplaçante. Je ne le ferai pas avec plaisir d’être remplaçante pour une course. La question, c’est que je ne suis pas sûre que ce serait bien pour l’équipe. Il y a tout un contexte de performance. Ce serait difficile pour moi d’être là-bas, de ne pas courir puis d’essayer quand même de voir le positif. Je souhaite le meilleur à cette équipe. C’est une histoire d’orgueil, je le sais. Mais je pense que ce serait plus bénéfique pour le groupe d’avoir quelqu’un qui est content d’être là, qui est avide d’apprendre et participe à la performance. Plutôt que quelqu’un qui se morfond un peu.

Mais une sélections aux Jeux reste encore envisageable ?


J’ai Antholz pour tirer encore mon épingle du jeu. Ce qui ne m’avantage pas, c’est que c’est en altitude et au vue de mes sensations, ça ne va pas m’être bénéfique. Mais je n’ai pas le choix et un moment il faut prendre le taureau par les cornes. Je vais jouer ma carte à fond. Si ça fait, j’envisagerai la suite. Si ça le fait pas, j’aurai plusieurs solutions.

C’est-à-dire ?

Soit j’arrête sur Antholz et je passe sur autre chose. Soit je me reprépare pour mars s’ils veulent encore de moi dans l’équipe. L’objectif sera de retrouver du plaisir car pour l’instant il n’y en a pas beaucoup. J’ai toujours l’espoir qu’il reste trois semaines jusqu’aux Jeux. Je ne me ferme pas de portes mais j’ai trop peur de subir une déception un peu cuisante comme depuis le début de la saison. Je me protège un peu.

Vous avez décidé d’arrêter votre carrière cet hiver ?


La décision d’arrêter, je l’avais prise avant cette saison. Je ne voulais pas l’annoncer aux médias. Je ne me fermais pas la porte au cas où je fasse une belle année et du coup que je veuille refaire une saison. Que je me mette hors groupe et que je fasse les courses que je voulais. Après ce que je vis actuellement, je n’arriverai pas à rebondir. Il y a d’autres choses qui m’attendent à la maison et je n’aurai pas les ressources nécessaires.

Par Ski Chrono

 
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